Faux amis, vraies gaffes à éviter
Quiz terminé !
Faux amis, vraies gaffes à éviter
Tu le sais déjà, vivre en français en Amérique du Nord, c’est souvent vivre avec l’anglais pas loin. À force de passer d’une langue à l’autre, il y a des mots qui ont l’air familiers, presque rassurants, mais qui te font trébucher dès que tu les utilises. On les appelle des faux amis. Ils se ressemblent, mais ils ne veulent pas dire la même chose. Résultat: tu penses avoir été clair, puis tu réalises que tu viens de dire autre chose, parfois même l’inverse.
Les faux amis se glissent partout. Dans un courriel vite envoyé au bureau, dans une conversation avec un collègue, au téléphone avec un service à la clientèle, ou quand tu jases en fin de semaine autour d’un breuvage. Et ce n’est pas juste une question de niveau. Même du monde très à l’aise en langues se fait prendre, parce que le cerveau aime aller au plus simple: il voit un mot qui ressemble, il l’adopte, puis il se trompe de sens.
Prends le classique: éventuellement. En anglais, eventually veut dire finalement. En français, éventuellement veut plutôt dire possiblement, si ça arrive. Si tu écris Je vais éventuellement te répondre en pensant dire Je vais te répondre un jour, tu viens peut être de promettre une réponse seulement si les circonstances le permettent. Autre piège fréquent: assister. En français, tu assistes à une réunion, tu y es présent. En anglais, to assist, c’est aider. Dire J’ai assisté mon patron peut faire sourciller, parce que tu veux probablement dire que tu l’as aidé, pas que tu étais assis à côté de lui.
Il y a aussi les mots qui changent de registre selon le contexte. Les librairies et les bibliothèques, par exemple. En anglais, a library est une bibliothèque. En français, une librairie, c’est un magasin de livres. Si tu demandes où est la librairie en voulant étudier au calme, tu risques de te ramasser à feuilleter des nouveautés au lieu de trouver une table de travail.
Dans la même veine, un patron n’est pas ton boss au sens de l’anglais boss. Ici, patron peut vouloir dire le propriétaire, le dirigeant, ou encore un modèle, comme un patron de couture. Pour parler de ton supérieur immédiat, tu peux dire ton gestionnaire, ton superviseur, ta cheffe d’équipe, selon le milieu. Ce sont des nuances qui évitent des malaises, surtout au travail.
D’autres faux amis sont plus subtils, parce qu’ils se sont installés dans l’usage oral. Réaliser, par exemple. En français, réaliser peut vouloir dire accomplir ou se rendre compte. Mais quand on l’emploie systématiquement pour traduire to realize au sens de se rendre compte, ça peut sonner calqué. Selon la phrase, tu peux dire je me suis rendu compte, j’ai compris, j’ai remarqué. Même chose pour supporter. En français, supporter veut dire tolérer ou endurer. Pour dire soutenir quelqu’un, tu peux dire appuyer, encourager, soutenir.
Le quiz Faux amis, vraies gaffes à éviter te propose justement de remettre de l’ordre là dedans, sans te juger. L’objectif, c’est de te donner des repères rapides: reconnaître les mots trompeurs, choisir le bon sens, puis garder ton français naturel, celui d’ici. Tu vas voir des situations concrètes, du courriel au souper, du stationnement à la salle de réunion. Parce qu’au fond, éviter les faux amis, ce n’est pas pour faire la police de la langue. C’est pour te faire comprendre du premier coup, éviter les malentendus, puis garder la conversation fluide, peu importe la langue qui te passe par la tête.
Si tu veux te tester, le quiz est une bonne façon de repérer tes angles morts. Tu vas peut être rire de deux ou trois gaffes, mais surtout, tu vas repartir avec des réflexes utiles. Et la prochaine fois que tu écris un message pressé ou que tu jases avec quelqu’un de bilingue, tu vas avoir les bons mots, au bon sens, au bon moment.